Photos prises samedi dernier depuis une petite embarcation sous un soleil orageux comme j’aime !

Si ça vous donne l’âme d’un marin d’eau douce : Un bon plan

Un peu d’histoire
Le canal de l’Ourcq a été construit à partir de Paris, de l’aval vers l’amont. Il assure une alimentation de Paris en eau, tout en permettant une navigation de fret. Celle-ci s’est établie à partir de 1813 entre Claye-Souilly et Paris grâce aux eaux de la Beuvronne.
Réalisé aux deux tiers lors de la chute définitive du Premier Empire, ce canal n’a été achevé qu’en 1821.

Pour améliorer l’alimentation en eau du canal qui était insuffisante, on décida de capter les eaux d’un affluent de la rive gauche de l’Ourcq, ce qui supposait le franchissement du cours aval de l’Ourcq avant de rejoindre le canal. Après avoir hésité entre une rigole d’alimentation et une voie navigable, le choix se porta sur cette dernière solution. Le canal de dérivation du Clignon franchit donc par un pont-canal la rivière d’Ourcq.
pique-nique au parc de la Villette au bord du canal de l’Ourcq
L’alimentation en eau du canal resta insuffisante et source de grandes difficultés au niveau de la navigation et de la tenue des digues qui supportaient très mal les marnages importants.
Napoléon III et le préfet de la Seine, Haussmann, décidèrent donc de régler le problème en autorisant la Ville de Paris à puiser en Marne l’eau nécessaire au maintien des plans d’eau du canal de l’Ourcq. Deux usines hydrauliques de pompage furent construites pour ce faire, en Seine-et-Marne à Trilbardou et à Villers-les-Rigault.

En 1876, avec le rachat par la Ville de Paris des dernières parties encore concédées du réseau, fut entamée la remise en état du canal de l’Ourcq, qui était en état de quasi-abandon avec une rupture de digue tous les deux ans !
A partir de 1860, des modifications ont été opérées à la nouvelle limite de Paris avec l’implantation des abattoirs de la Villette et la création de fortifications.
En 1871, les Communards incendièrent entre autres bâtiments et ouvrages, les magasins et entrepôts du bassin de la Villette et le pont à bascule en bois de la rue de Crimée. Ce pont fut remplacé par un pont métallique tournant.

De 1880 à 1883, le bassin de la Villette fut entièrement reconstruit et approfondi. Le chenal d’accès entre le rond-point des Canaux (carrefour du canal Saint-Denis et de l’Ourcq) et le bassin fut élargi à vingt-quatre mètres et approfondi à 3,20 mètres ce qui nécessita le remplacement du pont tournant par l’actuel pont levant de la rue de Crimée qui date de 1885. Enfin, les magasins furent reconstruits sur les berges du bassin de la Villette.
En 1895, de nouveaux travaux furent entrepris pour élargir le canal de l’Ourcq dans Paris. Il s’agissait de tenir compte des caractéristiques du nouveau canal Saint-Denis et de permettre le passage des bateaux de mille tonnes.

La capacité de pompage de l’usine de Trilbardou fut augmentée par l’installation de pompes entraînées par une machine à vapeur, celle-ci ayant nécessité la construction de nouveaux bâtiments.canal de l’Ourcq : pont de Crimée au coucher du soleil
A partir de 1920, la préfecture de la Seine entreprit la reconstruction à grand gabarit (1 000 tonnes) du canal de l’Ourcq jusqu’à la limite départementale (Les Pavillons-sous-Bois). Ces travaux se firent dans la perspective d’une poursuite de l’élargissement vers l’amont et de la création d’un raccordement avec la Marne au niveau d’Annet-sur-Marne.
Ces travaux, qui s’échelonnèrent de 1920 à 1930, modifièrent la pente hydraulique du canal et nécessitèrent donc la création d’une écluse supplémentaire. Celle-ci, dimensionnée dans la perspective du projet évoqué, fut implantée à Sevran.
Le canal de l’Ourcq, chargé d’histoire, est le témoignage d’une évolution continue. Il dispose de fleurons historiques précieusement conservés et mis en valeur, alors même qu’il continue d’évoluer pour s’adapter aux besoins tant de l’hydraulique que de la navigation.

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